Prendre l’avion évoque pour beaucoup liberté et découverte, mais pour d’autres, c’est une source d’angoisse intense. La peur de l’avion, aussi appelée aviophobie, peut apparaître à tout âge, même après de nombreux vols sans incident. Elle se manifeste de différentes manières : peur des turbulences, du crash, de l’enfermement ou simplement de perdre le contrôle. Bien qu’irrationnelle, cette phobie peut devenir un véritable handicap, limitant les voyages, les rencontres et même certaines opportunités professionnelles. Heureusement, il existe aujourd’hui des solutions concrètes et efficaces pour comprendre, apprivoiser et surmonter cette peur de l’avion.

L’apparition de l’aviophobie et ses effets

Malgré le fait de savoir que l’avion est le mode de transport le plus sûr au monde, il y a pourtant près de 10 % des Français qui ont la phobie de l’utiliser. Certains développent une véritable peur panique et cela peut se manifester différemment selon chacun :

  • la claustrophobie, c’est-à-dire la peur de l’enfermement dans la cabine,
  • la peur d’un crash de l’appareil,
  • la crainte des turbulences,
  • l’appréhension du décollage ou de l’atterrissage.

Et près de 25 % des personnes sont aussi anxieuses durant les vols. Face à cette angoisse difficilement contrôlable, le corps se manifeste de cette manière : mains moites ou tremblantes, spasmophilie, souffle coupé, vertiges. À long terme, cela peut devenir un vrai handicap dans la vie professionnelle pour une personne qui doit se déplacer régulièrement par exemple Heureusement, traiter une phobie est plus facile qu’on ne le pense. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas nécessaire d’en connaître la cause pour pouvoir la soigner.

Comprendre les origines psychiques et physiologiques

L’aviophobie trouve souvent sa source dans l’imagination anticipative du pire. Le cerveau, en visualisant des événements négatifs futurs, enclenche des réactions physiologiques de stress. La peur n’est donc pas déclenchée par une menace réelle, mais par des pensées qui projettent des scénarios catastrophes. Ce mécanisme est renforcé lorsqu’un premier vol s’est mal passé ou lorsqu’on est hypersensible à la perte de contrôle.

Conséquences sur la vie quotidienne

Ce trouble impacte profondément la qualité de vie. Il empêche de partir en vacances, de visiter des proches vivant à l’étranger, ou encore de répondre favorablement à une opportunité professionnelle. En 2023, une enquête menée par l’INSEE indiquait que 13 % des actifs avaient déjà refusé une mission à l’étranger à cause de leur peur de voler.

Lutter contre sa phobie avec un thérapeute

Le thérapeute apprend au patient phobique à être calme, ou plutôt, lui apprend à retrouver cette capacité à relativiser qu’il a perdue. Le patient doit maîtriser cette anxiété trop accrue qui le déstabilise. Il faut donc, dans un premier temps, engager un travail complet de relaxation avec des techniques de respiration comme la respiration abdominale, qui est profonde et lente. Puis on apprend comment stopper cette fameuse anticipation qui est à l’origine de ce stress. Si l’on annonce à quelqu’un qu’il va devoir prendre l’avion dans 15 jours, il va se mettre à penser à tous les éventuels problèmes qui pourraient se produire. Il anticipe un futur, dans cette situation qui est alarmiste, et qui le conditionne déjà dans un état de stress permanent, même si cela n’est pas palpable au quotidien. Le cerveau lui, stocke cette idée négative et envoie des signaux de détresse au corps tout entier. L’hypnothérapie peut aussi être un bon moyen pour traiter les phobies, en travaillant sur l’inconscient, et en stoppant le développement des mauvaises pensées.

Les approches de thérapies cognitivo-comportementales

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont aujourd’hui les plus recommandées par les psychologues cliniques pour traiter les phobies spécifiques telles que l’aviophobie. En agissant sur les schémas de pensée, elles permettent au patient de déconstruire ses croyances erronées sur le risque aérien. Ces méthodes, validées scientifiquement, permettent de réduire l’anxiété liée à l’avion dans près de 80 % des cas après 6 à 10 séances.

Relaxation et techniques corporelles

Outre les TCC, des approches corporelles sont souvent complémentaires. La cohérence cardiaque, par exemple, fonctionne très bien pour calmer le système nerveux autonome. Associée à des visualisations positives, cette technique aide à se représenter dans un avion en ressentant un état de calme physiologique.

Les stages d’apprivoisement

Participer à des stages pour contrer la peur de l’avion apparaît comme un complément intéressant. Ces stages spécialisés permettent de tout savoir sur l’aviophobie. Ils abordent différentes facettes du problème. Ils font travailler la gestion du stress, qui crée chez le patient une angoisse qui lui fait penser aux pires scénarios catastrophes. Rappelons que la peur est, par fondement, souvent irrationnelle. Certaines personnes peuvent se rassurer en affrontant leur peur de façon pragmatique, en comprenant par exemple le fonctionnement d’un avion. Cela permet de se rendre compte de la réalité des choses. La personne peut poser toutes les questions qu’elle veut afin qu’elle puisse par la suite prendre du recul sur n’importe quelle situation. Souvent, le stage propose une mise en pratique dans un simulateur de vol. La réalité virtuelle peut être un premier cap pour pouvoir ensuite pratiquer concrètement et reprendre l’avion plus sereinement. Pour les personnes qui souhaitent surmonter cette peur de l’avion, des stages spécialisés organisés en France et en Belgique proposent des formations mêlant gestion du stress, explications techniques et mises en situation en simulateur, afin de retrouver la confiance nécessaire pour voyager en toute sérénité.

Programme type d’un stage anti-phobie

Ces sessions sont généralement encadrées par des professionnels de santé, psychologues ou anciens pilotes, et durent entre une journée et un week-end complet. Voici un tableau récapitulatif d’un programme type :

Durée Activités
Matinée Découverte des principes du vol / Rencontre avec les intervenants / Gestion du stress
Après-midi Explication technique approfondie / Session de relaxation / Mise en situation dans un simulateur
Jour suivant (optionnel) Vol encadré réel / Débriefing individuel

Les bénéfices à long terme

Selon une étude menée en 2022 par l’Université de Toulouse, près de 70 % des personnes ayant participé à un stage anti-aviophobie ont pu reprendre l’avion dans les 6 mois qui ont suivi, avec une diminution notable de leur stress avant et pendant le vol. C’est une solution concrète, efficace et accessible pour mettre fin durablement à cette peur souvent invalidante.